jeudi 4 juin 2009

Une Europe Puissance? - MR


Le Mouvement Réformateur en appelle en effet à l’avènement d’une « Europe-puissance » qui soit capable non seulement de défendre ses intérêts mais aussi, et surtout, de promouvoir les valeurs communes aux Etats membres de l’Union, et qui sont chères aux libéraux : l’Etat de droit, la démocratie, le respect des droits de l’homme, la coexistence pacifique et le dialogue entre les Etats et les Nations.

Au cours des vingt dernières années, ce processus de construction européenne s’est poursuivi, théoriquement fondé à la fois sur l’élargissement et l’approfondissement de l’intégration. Cependant, les élargissements successifs depuis 1996 ne se sont pas accompagnés de l’approfondissement souhaité. Après les progrès (mitigés) enregistrés lors de l’adoption des traités de Maastricht, d’Amsterdam et de Nice, l’évolution institutionnelle de l’Union a connu un coup d’arrêt avec l’échec du processus de ratification du projet de Constitution, puis du traité et Lisbonne. Plus que jamais, l’intégration européenne reste un chantier ouvert, auquel la Belgique entend contribuer activement, comme ce fut le cas lorsqu’elle président le Conseil en 2001 et comme cela certainement encore notre ambition lors de notre présidence en 2010.

Dans ce cadre institutionnel de plus en plus complexe, l’Europe de la défense a enregistré de nombreux progrès mais largement en dehors des traités. Elle relève d’une approche intégrée à travers la PESC/PESD, qui combine les différents éléments de la palette d’actions disponibles : la diplomatie, la défense, la coopération et l’aide humanitaire, le commerce, la défense civile, etc. A l’échelle de l’histoire continentale, ce qui se passe en Europe depuis que le processus d’intégration européenne a pris son envol reste sans commune mesure au regard des conflits intra-européens qui ont émaillé la première moitié du XXème siècle. Elle peut servir de modèle au reste du monde. Nous nous sommes dès lors toujours réjouis des avancées en matière de politique étrangère et de sécurité.

Toutefois, la PESC/PESD ne saurait se concevoir comme une « alternative » à l’OTAN, qui reste la structure privilégiée du partenariat transatlantique, qui consacre le destin commun qui unit l’Europe aux Etats-Unis d’Amérique. La PESC/PESD doit être considérée comme l’affirmation d’une identité européenne propre au sein d’une Alliance. L’UE présente aussi l’incomparable avantage par rapport à l’OTAN de couvrir aussi bien les volets militaires que civils en matière de gestion de crises ou opérations de maintien de la paix ou de reconstruction. Elle n’envisage ses engagements opérationnels qu’au travers de la « comprehensive approach », alliant tant les capacités civiles que militaires.

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