vendredi 30 octobre 2009

Suspension des licences d'exportation d'armes vers la Libye!


Communiqué de presse – 30 octobre 2009
CNAPD - LDH

Le Conseil d’Etat suspend des cinq licences d’exportation d’armes de la FN à la Libye


La Ligue des droits de l’Homme (LDH) et la Coordination nationale d’action pour la paix et la démocratie (CNAPD) se réjouissent de la décision du Conseil d’Etat de suspendre les livraisons d’armes de la FN vers la Libye.

Le 9 juin dernier, le Ministre-Président de la Région wallonne accordait une licence d’exportation à l’entreprise FN Herstal dans l’objectif de permettre une livraison d’armes légères à la Libye.

Contestant cette décision tant sur le plan éthique que dans sa conformité par rapport au Code de conduite de l’Union européenne en matière d’exportation d’armes, la LDH et la CNAPD ont introduit un recours en suspension et en annulation au Conseil d’Etat de la décision d’octroi de la licence.

Trois arguments ont particulièrement motivé cette décision : le fait que la Lybie ne respecte pas les droits de l’Homme, que ce pays encourage le terrorisme et la criminalité organisée et qu’elle pourrait détourner les armes qui lui sont livrées vers d’autres pays.

Le Conseil d’Etat a ordonné, dans son arrêt du 29 octobre, de suspendre immédiatement l’exécution des cinq licences d’exportation d’armes vers la Lybie.

La LDH et le CNAPD se réjouissent de la teneur de cet arrêt qui met en lumière un principe fondamental à leurs yeux: « Aucune certitude n’existe quant à l’emploi que son destinataire en fera effectivement ; la possibilité qu’elles [les armes] servent à commettre des violations des droits fondamentaux existe au moins à l’état de risque ; que ce risque suffit à justifier la suspension de l’exécution des actes attaqués. »

L’arrêt du Conseil d’Etat rappelle également, face à l’argument que les armes qui restaient à livrer seraient des armes d’apparat non destinées à tirer, que « pour le destinataire d’une balle, il importe peu qu’il ait été tirée avec une arme de luxe ou une arme standard (…) »…

Si cette suspension est indispensable pour la LDH et la CNAPD, elles ne peuvent par contre que regretter mes conséquences que cet arrêt pourrait avoir sur les travailleurs de la FN Herstal. Toutefois , elles soulignent que la sauvegarde de l'emploi ne peut se considérer en dehors du droit. Les procédures en matière de vente d'armes (la loi 5 août 1991 relative à l’exportation et à la lutte contre le trafic d’arme et le code de conduite européen en matière d’exportation d’armement) doivent être contrôlées par le Parlement et respectées avec le plus de transparence possible. La direction de la FN n'aurait pas mis les travailleurs dans une telle situation si elle n'avait pas signé de contrats sous astreinte. Enfin, elles sont convaincues que les travailleurs eux-mêmes ne peuvent cautionner de livrer des armes à un régime qui les retournerait contre les défenseurs des droits syndicaux.

Les deux associations attendent désormais la décision du Conseil d’Etat sur le fond du dossier.

samedi 10 octobre 2009

Discours du jeune Barack Obama sur les armes nucléaires


Longtemps avant de recevoir un Prix Nobel de la Paix aussi inattendu que potentiellement embarrassant, Barack Obama condamnait les armes nucléaires. Le président sera-t-il fidèle aux idéaux de l'étudiant?


Rompre avec la mentalité belliqueuse

Par Barack Obama


La plupart des étudiants à l’Université de Columbia n'ont pas été directement confrontés à la guerre. La violence militaire a été une expérience indirecte, canalisée dans nos esprits par la télévision, le cinéma et les journaux.

Les plus sensibles d’entre nous luttent pour s’imaginer les réalités de la guerre à partir de notre quotidien : en discutant des dernières statistiques de mortalité du Guatemala, en prêtant une oreille empathique aux mémoires de guerres racontées par nos parents ou en nous fondant dans la réalité telle qu’elle est dépeinte par un chroniqueur ou un Coppola. Toutefois, le goût de la guerre, les cris, le froid et les cadavres, nous sont éloignés. Nous savons que les guerres ont eu, auront et ont lieu certes, mais faire entrer une telle réalité au plus profond de nos cœurs et entreprendre les démarches concrètes et durables pour empêcher la guerre, devient une tâche difficile.


Deux associations actives sur le campus, la Arms Race Alternatives (ARA)1 et la Students Against Militarism (SAM)2, travaillent dans ces limites mentales afin de stimuler la conscience et l'action nécessaires pour résister à la menace croissante de la guerre. Quoique l'accent des deux groupes diffère dans leurs activités respectives, ils partagent une aversion à la politique gouvernementale actuelle. Ces associations, discernant les possibilités de destruction et ayant saisi que les priorités nationales ont tendance à déraper, jettent tout leur poids dans l’action pour tirer l'Amérique de l’impasse dans laquelle elle s’est engagée.


« La plupart des personnes de mon âge se rappellent bien les exercices de sécurité en cas de raid aérien à l’école, où nous étions recroquevillés sous les pupitres, nos têtes entre les jambes. Quant à des personnes plus âgées, elles se souviennent de la crise des missiles cubaines. Je pense que ce genre d’événements ont laissé une marque indélébile dans nos âmes, ce qui nous rend plus aptes à nous sentir concernés » ; déclare Don Kent, Vice recteur aux programmes et affaires étudiantes au Earl Hall Center“. Le « Volunteer Service Center 3», et ARA ont été la première préoccupation de Don. En effet, il a assuré la coordination de divers groupes de travail du corps enseignant, des étudiants et des membres du personnel, tout en cherchant simultanément le financement toujours incertain des programmes.


Lorsque je suis venu ici pour la première fois il y a deux ans, Earl Hall avait été un vivier d’actions militantes pendant cinq ans. Paul Martinson, le directeur et moi, avons discuté de nos intérêts communs et avons décidé que ARA serait l'un des programmes que nous soutenions ». Tout au début, la majeure partie du travail était effectuée par les volontaires non-étudiants et le personnel. A cette époque, les étudiants étaient intéressés par dés sujets brûlants d’actualité, surtout celui de E-I Salvador. Nous avons dès lors co-parrainé beaucoup d'activités avec les organisations universitaire telles que SANE (Students Against Nuclear Energy4).


Avec l’épanouissement du Nuclear freezing movement5 (mouvement pour le gel des armes nucléaires) cependant, et en particulier le rassemblement du 12 juin dans le Central Park, la participation des étudiants s’est étendue. On se demande si cette augmentation provient de l’engouement qu’ont les jeunes pour les événements à la une ou de leur conscientisation de plus en plus croissante aux conséquences de l'holocauste nucléaire. ARA conserve une liste d'adresses de 500 personnes, et selon Don Kent, environ la moitié des membres actifs sont des étudiants. Même s’il estime que la continuité est assurée par le corps enseignant et les membres du personnel, la participation des étudiants aux événements organisés par ARA, (en particulier l’appel du 11 novembre sur la menace nucléaire) révèle que ces derniers se sentent profondément concernés. « Je pense que les étudiants sur ce campus ont une très haute estime d’eux-mêmes, et n’apprécient pas une vision étroite des choses; ainsi, ils ont tendance à sortir davantage pour prendre activement part aux événements, et ne veulent pas être relégués au pliage de prospectus ».


MarK Bigelow, un stagiaire diplômé de l’Union Theological Seminary qui travaille avec Don pour aider ARA à aller son petit bonhomme de chemin, affirme : « Il semble que les étudiants ici sont assez conscients du problème des armes nucléaires, ce qui provoque chez eux une frustration insidieuse. C’est à cette dernière que nous essayons de nous adresser ». Ainsi, la dynamique d’ARA est de stimuler un dialogue qui leur permettra d’avoir une compréhension rationnelle de ce sujet controversé. Ceci inclut inviter des orateurs comme Daniel ElIsberg sur le campus, publier des fiches documentaires compilées par le corps enseignant intéressé et étudier la possibilité de développer dans le cursus de Columbia un programme interdisciplinaire sur le désarmement et l'ordre mondial.


S’en tenir à un tel esprit signifie l’absence de ce que Don appelle « une ligne du parti » . En effet, en abordant cette thématique par une approche presque apolitique, ARA espère amener l'université à prendre le problème des armes nucléaires au sérieux. « Les gens n’aiment pas voir leur intelligence insultée », dit Don, « ainsi, nous essayons de diffuser les informations et de permettre à l'individu de prendre sa propre décision ».


Généralement, la ligne suivie par le Nuclear freezing movement et les débats académiques, qui mettent seulement l’accent sur les capacités «first strike versus second » (défensif, offensif), convient bien aux intérêts militaro-industriels, car ils continuent d’augmenter le stock de leurs joujoux estimés à des milliard de dollars ! Lorsque Peter Tosh chante : «everybody’s asking peace, but nobody’s asking justice» tout le monde demande la paix mais personne ne réclame la justice » , on est forcé de se demander si la problématique du désarmement et du contrôle des armes, coupé du politique et de l’économique, ne serait un autre cas de se concentrer sur les symptômes plutôt que sur la maladie elle-même. Mark Bigelow n’est pas du même avis: « Nous mettons principalement l’accent sur les armes catastrophiques, en nous disant : voyons, c’est ici que le bas blesse, concentrons tous nos efforts là-dessus ! Etant donné que l’on ne se débarrassera pas de l’armée dans un futur proche, travaillons du moins sur ce point précis.


« Mark Bigelow estime que c’est là que se trouve le nœud du problème et pointe un travail fructueux réalisé par d'autres organisations impliquées dans le désarmement. Le gel fait partie d'un mouvement global du désarmement ; le plus bas dénominateur commun, pour ainsi dire. Par exemple, la semaine du 10-16 est une semaine de la paix (Jobs For Peace Week), avec une série d’activités organisées à travers la ville. En outre, il est probable que le New York City Counsil passe un résolution en avril, réclamant une plus grande considération pour les affaires sociales par opposition aux dépenses militaires. Ce sont de tels événements qui peuvent dissiper l'idée que le désarmement est un problème de moindre importance, dans la mesure où la façon dont le gouvernement dépense son budget affecte chaque citoyen.


Les réels avantages de se concentrer sur une question unique est de pousser le National Freeze movement à contester des systèmes de missiles individuels, tout en continuant de mener une campagne plus large. Cette année, Mark Bigelow considère le contrôle du déploiement des Pershing II et des missiles de croisière comme crucial. « En raison de leur de petite taille et mobilité, leur déploiement rendra la possibilité du contrôle d'armements bien plus difficile, et réduira le délai d’avertissement pour les Soviétiques à moins de dix minutes. Cela ne peut qu’être un facteur de déstabilisation ». De plus, il voit l’initiation par les États-Unis du traité d’interdiction des essais nucléaires (Test Ban Treaty) comme un premier pas puissant vers un monde libre d’armes nucléaires.


ARA encourage les membres à joindre les autobus vers Washington pour participer à une marche prévue le 7 au 8 mars, afin de faire voter la résolution sur le gel, laquelle fait son deuxième entrée à la Chambre des représentants. Dans un futur proche, ARA demandera également la United Campuses to Prevent Nuclear War (UCAM)6, un réseau d’informations et de lobbying basé dans les universités à travers tout le pays, de lui servir de comité consultatif. En raison de son autonomie par rapport à Columbia, (qui ne finance pas des organismes politiques), UCAM pourrait peut-être bien devenir une cheville ouvrière des campagnes de désarmement sur le campus ; même si ARA continuera de fonctionner uniquement comme véhicule d’informations et de discussions.


Opérant Également hors du Earl Hall Center, l’association Students Against Militarism (des étudiants contre le militarisme) a été créée en réponse au passage des lois d'immatriculation passées en 1980. En tant qu’organisation gérée entièrement par les étudiants, SAM aborde une palette de thématiques plus large qu’ARA. Afin de gagner en efficacité cependant, elles ont essayé de se concentrer sur une question à la fois. « Le pacifisme se trouve au cœur de notre organisation», déclare Robert junior Kahn, l’un d’une quinzaine de membres actifs de SAM. De là, beaucoup de sujets se se sont développés : armes nucléaires, racisme, service militaire, et Afrique du Sud. Nous avons eu une meilleure organisation en abordant une thématique à la fois, mais nous sommes toujours conscients d'autres événements et collaborons fréquemment avec différentes associations du campus comme CISPES et REELPOLI TIK


Pour le moment, le thème principal actuel est le Solomon Bill, la dernière législation du congrès visant à obtenir l’accord de recrutement lors des inscriptions. La loi exige que tous les étudiants masculins qui demandent une aide financière fédérale soumettent la preuve qu’ils sont candidats potentiels à l’armée, au risque de se voir refuser la bourse gouvernementale. Yale, Wesleyen, et Swathmore ont refusé de se soumettre à cette loi, et envisagent d’offrir d'autres formes d'aide financière à des récalcitrants. Le SAM espère presser Columbia à suivre le même voie même si jusqu'ici le Président Sovern et son équipe semblent préparés à souscrire à cette loi.


Robert croit que les étudiants soutiennent tacitement les récalcitrants, d’ailleurs, la majorité n'y a pas souscrit. « Plusieurs étudiants se sont présentés chez nous et ont déclaré que s’ils avaient su l’inefficacité de cette bourde, ils ne se seraient pas inscrits ». Un appui fondamental d’un tel soutient sous-jacent consiste en 400 signatures sur un pétition protestant le Solomon Bill, que le SAM a rassemblé les quatre premières heures qui ont suivi son apparition. Robert précise également qu'avant l'inscription, quatre propositions séparées circulaient déjà dans la Chambre, proposant un retour au projet de loi, mais aucun d’entre elles n’est jamais sortie des comités, et ces efforts n’ont pas été renouvelés. Un demi-millions des non inscrits peut certainement constituer un signal fort.


C’est vrai qu’il est délicat d’inciter doucement les étudiants à une participation qui va au delà des signatures de pétitions et à assister aux événements, mais les membres de SAM semblent audacieux. « Beaucoup de problèmes ne viennent pas du fait que les gens ignorent les faits, plutôt que les nouvelles et les statistiques sont sans vie. Raison pour laquelle sur le campus, nous explorons les thématiques telles que la Solomon Bill, qui ont un impact direct sur le corps estudiantin et lie effectivement le campus à des problématiques encore plus larges. En organisant et en éduquant la communauté de Columbia, de telles activités jettent les bases d’une future mobilisation contre l'implacable, souvent insidieuse expansion du militarisme dans le pays. « Il est plus que temps de relier les domaines social et militaire », continue Robert ; « et plus l’administration devient tyrannique, plus les citoyens deviennent conscients de leurs vrais intérêts ».


La foi en ce que se sont les institutions moribondes, et non pas des individus qui sont à la racine du problème maintient les énergies de SAM vivantes. Un préalable aux membres d'une organisation comme le nôtre est la conviction que les gens sont fondamentalement bons, mais vous devez leur montrer que lorsque vous regardez ce qu’ils font à travers le pays, cela vous rend optimiste.


Certes, il est discutable d’affirmer que l'humanité est fondamentalement bonne, mais lorsqu’on observe la réunion de SAM dans la soirée de jeudi dernier, ses résultats et son puissant enthousiasme, on pourrait être persuadé que les manifestations de nos meilleurs instincts peuvent être proportionnelles à celles de nos pires. Concernant la probable souscription à la loi de la part de Columbia, un commentaire a en particulier touché un aspect important sur Le Solomon Bill. « Ce que nous devons faire, c’est révéler comment Columbia essaie de noyer le poisson en adoptant un double discours.


En effet, la maladie la plus dominante du système scolaire en particulier, et la réalité américaine en générale, est que des modèles complexes de connaissances pratiques et théoriques ont été désencastrés des choix individuels et de la politique gouvernementale. Ce que les membres d'ARA et de SAM essaient de faire c’est infuser ce qu'ils ont appris sur la situation actuelle, coller les formidables posters des personnalités tels que Thoreau Jefferson et Whitman sur la bibliothèque Butler, pour que leurs paroles aient une influence sur la logique tordue de ce dont nous faisons aujourd'hui partie. En ajoutant leur énergie et effort pour augmenter les chances d’un monde décent, ils pourraient nous aider à nous passer d'une expérience spectaculaire, celle de la guerre. Mais en même temps, notre volonté d’éviter cette expérience ne devrait pas être une réaction à postériori, après avoir vécus certaines réalités qu’on aurait pu éviter.



1 Alternatives à la Course aux Armements

2 Étudiants Contre le Militarisme

3 Centre d’actions bénévoles

4 Etudiants contre l'énergie nucléaire

5 Mouvement pour le gel nucléaire

6 Campus unis pour la prévention de la guerre nucléaire

Conférence "désarmement nucléaire, où en sommes nous?"

Le 18 septembre dernier, à l'occasion de la journée mondiale de la paix, la CNAPD organisait en collaboration avec la représentation des Nations Unies à Bruxelles une conférence consacrée à faire le point sur le désarmement nucléaire. En attendant la transcription des interventions d'invités aussi pointus sur la question qu'Eric Remacle et Werner Bauwens, ambassadeur de Belgique, envoyé spécial pour le désarmement et la non-prolifération, quelques photos de l'évènement au Résidence Palace...