vendredi 30 octobre 2009

Suspension des licences d'exportation d'armes vers la Libye!


Communiqué de presse – 30 octobre 2009
CNAPD - LDH

Le Conseil d’Etat suspend des cinq licences d’exportation d’armes de la FN à la Libye


La Ligue des droits de l’Homme (LDH) et la Coordination nationale d’action pour la paix et la démocratie (CNAPD) se réjouissent de la décision du Conseil d’Etat de suspendre les livraisons d’armes de la FN vers la Libye.

Le 9 juin dernier, le Ministre-Président de la Région wallonne accordait une licence d’exportation à l’entreprise FN Herstal dans l’objectif de permettre une livraison d’armes légères à la Libye.

Contestant cette décision tant sur le plan éthique que dans sa conformité par rapport au Code de conduite de l’Union européenne en matière d’exportation d’armes, la LDH et la CNAPD ont introduit un recours en suspension et en annulation au Conseil d’Etat de la décision d’octroi de la licence.

Trois arguments ont particulièrement motivé cette décision : le fait que la Lybie ne respecte pas les droits de l’Homme, que ce pays encourage le terrorisme et la criminalité organisée et qu’elle pourrait détourner les armes qui lui sont livrées vers d’autres pays.

Le Conseil d’Etat a ordonné, dans son arrêt du 29 octobre, de suspendre immédiatement l’exécution des cinq licences d’exportation d’armes vers la Lybie.

La LDH et le CNAPD se réjouissent de la teneur de cet arrêt qui met en lumière un principe fondamental à leurs yeux: « Aucune certitude n’existe quant à l’emploi que son destinataire en fera effectivement ; la possibilité qu’elles [les armes] servent à commettre des violations des droits fondamentaux existe au moins à l’état de risque ; que ce risque suffit à justifier la suspension de l’exécution des actes attaqués. »

L’arrêt du Conseil d’Etat rappelle également, face à l’argument que les armes qui restaient à livrer seraient des armes d’apparat non destinées à tirer, que « pour le destinataire d’une balle, il importe peu qu’il ait été tirée avec une arme de luxe ou une arme standard (…) »…

Si cette suspension est indispensable pour la LDH et la CNAPD, elles ne peuvent par contre que regretter mes conséquences que cet arrêt pourrait avoir sur les travailleurs de la FN Herstal. Toutefois , elles soulignent que la sauvegarde de l'emploi ne peut se considérer en dehors du droit. Les procédures en matière de vente d'armes (la loi 5 août 1991 relative à l’exportation et à la lutte contre le trafic d’arme et le code de conduite européen en matière d’exportation d’armement) doivent être contrôlées par le Parlement et respectées avec le plus de transparence possible. La direction de la FN n'aurait pas mis les travailleurs dans une telle situation si elle n'avait pas signé de contrats sous astreinte. Enfin, elles sont convaincues que les travailleurs eux-mêmes ne peuvent cautionner de livrer des armes à un régime qui les retournerait contre les défenseurs des droits syndicaux.

Les deux associations attendent désormais la décision du Conseil d’Etat sur le fond du dossier.

samedi 10 octobre 2009

Discours du jeune Barack Obama sur les armes nucléaires


Longtemps avant de recevoir un Prix Nobel de la Paix aussi inattendu que potentiellement embarrassant, Barack Obama condamnait les armes nucléaires. Le président sera-t-il fidèle aux idéaux de l'étudiant?


Rompre avec la mentalité belliqueuse

Par Barack Obama


La plupart des étudiants à l’Université de Columbia n'ont pas été directement confrontés à la guerre. La violence militaire a été une expérience indirecte, canalisée dans nos esprits par la télévision, le cinéma et les journaux.

Les plus sensibles d’entre nous luttent pour s’imaginer les réalités de la guerre à partir de notre quotidien : en discutant des dernières statistiques de mortalité du Guatemala, en prêtant une oreille empathique aux mémoires de guerres racontées par nos parents ou en nous fondant dans la réalité telle qu’elle est dépeinte par un chroniqueur ou un Coppola. Toutefois, le goût de la guerre, les cris, le froid et les cadavres, nous sont éloignés. Nous savons que les guerres ont eu, auront et ont lieu certes, mais faire entrer une telle réalité au plus profond de nos cœurs et entreprendre les démarches concrètes et durables pour empêcher la guerre, devient une tâche difficile.


Deux associations actives sur le campus, la Arms Race Alternatives (ARA)1 et la Students Against Militarism (SAM)2, travaillent dans ces limites mentales afin de stimuler la conscience et l'action nécessaires pour résister à la menace croissante de la guerre. Quoique l'accent des deux groupes diffère dans leurs activités respectives, ils partagent une aversion à la politique gouvernementale actuelle. Ces associations, discernant les possibilités de destruction et ayant saisi que les priorités nationales ont tendance à déraper, jettent tout leur poids dans l’action pour tirer l'Amérique de l’impasse dans laquelle elle s’est engagée.


« La plupart des personnes de mon âge se rappellent bien les exercices de sécurité en cas de raid aérien à l’école, où nous étions recroquevillés sous les pupitres, nos têtes entre les jambes. Quant à des personnes plus âgées, elles se souviennent de la crise des missiles cubaines. Je pense que ce genre d’événements ont laissé une marque indélébile dans nos âmes, ce qui nous rend plus aptes à nous sentir concernés » ; déclare Don Kent, Vice recteur aux programmes et affaires étudiantes au Earl Hall Center“. Le « Volunteer Service Center 3», et ARA ont été la première préoccupation de Don. En effet, il a assuré la coordination de divers groupes de travail du corps enseignant, des étudiants et des membres du personnel, tout en cherchant simultanément le financement toujours incertain des programmes.


Lorsque je suis venu ici pour la première fois il y a deux ans, Earl Hall avait été un vivier d’actions militantes pendant cinq ans. Paul Martinson, le directeur et moi, avons discuté de nos intérêts communs et avons décidé que ARA serait l'un des programmes que nous soutenions ». Tout au début, la majeure partie du travail était effectuée par les volontaires non-étudiants et le personnel. A cette époque, les étudiants étaient intéressés par dés sujets brûlants d’actualité, surtout celui de E-I Salvador. Nous avons dès lors co-parrainé beaucoup d'activités avec les organisations universitaire telles que SANE (Students Against Nuclear Energy4).


Avec l’épanouissement du Nuclear freezing movement5 (mouvement pour le gel des armes nucléaires) cependant, et en particulier le rassemblement du 12 juin dans le Central Park, la participation des étudiants s’est étendue. On se demande si cette augmentation provient de l’engouement qu’ont les jeunes pour les événements à la une ou de leur conscientisation de plus en plus croissante aux conséquences de l'holocauste nucléaire. ARA conserve une liste d'adresses de 500 personnes, et selon Don Kent, environ la moitié des membres actifs sont des étudiants. Même s’il estime que la continuité est assurée par le corps enseignant et les membres du personnel, la participation des étudiants aux événements organisés par ARA, (en particulier l’appel du 11 novembre sur la menace nucléaire) révèle que ces derniers se sentent profondément concernés. « Je pense que les étudiants sur ce campus ont une très haute estime d’eux-mêmes, et n’apprécient pas une vision étroite des choses; ainsi, ils ont tendance à sortir davantage pour prendre activement part aux événements, et ne veulent pas être relégués au pliage de prospectus ».


MarK Bigelow, un stagiaire diplômé de l’Union Theological Seminary qui travaille avec Don pour aider ARA à aller son petit bonhomme de chemin, affirme : « Il semble que les étudiants ici sont assez conscients du problème des armes nucléaires, ce qui provoque chez eux une frustration insidieuse. C’est à cette dernière que nous essayons de nous adresser ». Ainsi, la dynamique d’ARA est de stimuler un dialogue qui leur permettra d’avoir une compréhension rationnelle de ce sujet controversé. Ceci inclut inviter des orateurs comme Daniel ElIsberg sur le campus, publier des fiches documentaires compilées par le corps enseignant intéressé et étudier la possibilité de développer dans le cursus de Columbia un programme interdisciplinaire sur le désarmement et l'ordre mondial.


S’en tenir à un tel esprit signifie l’absence de ce que Don appelle « une ligne du parti » . En effet, en abordant cette thématique par une approche presque apolitique, ARA espère amener l'université à prendre le problème des armes nucléaires au sérieux. « Les gens n’aiment pas voir leur intelligence insultée », dit Don, « ainsi, nous essayons de diffuser les informations et de permettre à l'individu de prendre sa propre décision ».


Généralement, la ligne suivie par le Nuclear freezing movement et les débats académiques, qui mettent seulement l’accent sur les capacités «first strike versus second » (défensif, offensif), convient bien aux intérêts militaro-industriels, car ils continuent d’augmenter le stock de leurs joujoux estimés à des milliard de dollars ! Lorsque Peter Tosh chante : «everybody’s asking peace, but nobody’s asking justice» tout le monde demande la paix mais personne ne réclame la justice » , on est forcé de se demander si la problématique du désarmement et du contrôle des armes, coupé du politique et de l’économique, ne serait un autre cas de se concentrer sur les symptômes plutôt que sur la maladie elle-même. Mark Bigelow n’est pas du même avis: « Nous mettons principalement l’accent sur les armes catastrophiques, en nous disant : voyons, c’est ici que le bas blesse, concentrons tous nos efforts là-dessus ! Etant donné que l’on ne se débarrassera pas de l’armée dans un futur proche, travaillons du moins sur ce point précis.


« Mark Bigelow estime que c’est là que se trouve le nœud du problème et pointe un travail fructueux réalisé par d'autres organisations impliquées dans le désarmement. Le gel fait partie d'un mouvement global du désarmement ; le plus bas dénominateur commun, pour ainsi dire. Par exemple, la semaine du 10-16 est une semaine de la paix (Jobs For Peace Week), avec une série d’activités organisées à travers la ville. En outre, il est probable que le New York City Counsil passe un résolution en avril, réclamant une plus grande considération pour les affaires sociales par opposition aux dépenses militaires. Ce sont de tels événements qui peuvent dissiper l'idée que le désarmement est un problème de moindre importance, dans la mesure où la façon dont le gouvernement dépense son budget affecte chaque citoyen.


Les réels avantages de se concentrer sur une question unique est de pousser le National Freeze movement à contester des systèmes de missiles individuels, tout en continuant de mener une campagne plus large. Cette année, Mark Bigelow considère le contrôle du déploiement des Pershing II et des missiles de croisière comme crucial. « En raison de leur de petite taille et mobilité, leur déploiement rendra la possibilité du contrôle d'armements bien plus difficile, et réduira le délai d’avertissement pour les Soviétiques à moins de dix minutes. Cela ne peut qu’être un facteur de déstabilisation ». De plus, il voit l’initiation par les États-Unis du traité d’interdiction des essais nucléaires (Test Ban Treaty) comme un premier pas puissant vers un monde libre d’armes nucléaires.


ARA encourage les membres à joindre les autobus vers Washington pour participer à une marche prévue le 7 au 8 mars, afin de faire voter la résolution sur le gel, laquelle fait son deuxième entrée à la Chambre des représentants. Dans un futur proche, ARA demandera également la United Campuses to Prevent Nuclear War (UCAM)6, un réseau d’informations et de lobbying basé dans les universités à travers tout le pays, de lui servir de comité consultatif. En raison de son autonomie par rapport à Columbia, (qui ne finance pas des organismes politiques), UCAM pourrait peut-être bien devenir une cheville ouvrière des campagnes de désarmement sur le campus ; même si ARA continuera de fonctionner uniquement comme véhicule d’informations et de discussions.


Opérant Également hors du Earl Hall Center, l’association Students Against Militarism (des étudiants contre le militarisme) a été créée en réponse au passage des lois d'immatriculation passées en 1980. En tant qu’organisation gérée entièrement par les étudiants, SAM aborde une palette de thématiques plus large qu’ARA. Afin de gagner en efficacité cependant, elles ont essayé de se concentrer sur une question à la fois. « Le pacifisme se trouve au cœur de notre organisation», déclare Robert junior Kahn, l’un d’une quinzaine de membres actifs de SAM. De là, beaucoup de sujets se se sont développés : armes nucléaires, racisme, service militaire, et Afrique du Sud. Nous avons eu une meilleure organisation en abordant une thématique à la fois, mais nous sommes toujours conscients d'autres événements et collaborons fréquemment avec différentes associations du campus comme CISPES et REELPOLI TIK


Pour le moment, le thème principal actuel est le Solomon Bill, la dernière législation du congrès visant à obtenir l’accord de recrutement lors des inscriptions. La loi exige que tous les étudiants masculins qui demandent une aide financière fédérale soumettent la preuve qu’ils sont candidats potentiels à l’armée, au risque de se voir refuser la bourse gouvernementale. Yale, Wesleyen, et Swathmore ont refusé de se soumettre à cette loi, et envisagent d’offrir d'autres formes d'aide financière à des récalcitrants. Le SAM espère presser Columbia à suivre le même voie même si jusqu'ici le Président Sovern et son équipe semblent préparés à souscrire à cette loi.


Robert croit que les étudiants soutiennent tacitement les récalcitrants, d’ailleurs, la majorité n'y a pas souscrit. « Plusieurs étudiants se sont présentés chez nous et ont déclaré que s’ils avaient su l’inefficacité de cette bourde, ils ne se seraient pas inscrits ». Un appui fondamental d’un tel soutient sous-jacent consiste en 400 signatures sur un pétition protestant le Solomon Bill, que le SAM a rassemblé les quatre premières heures qui ont suivi son apparition. Robert précise également qu'avant l'inscription, quatre propositions séparées circulaient déjà dans la Chambre, proposant un retour au projet de loi, mais aucun d’entre elles n’est jamais sortie des comités, et ces efforts n’ont pas été renouvelés. Un demi-millions des non inscrits peut certainement constituer un signal fort.


C’est vrai qu’il est délicat d’inciter doucement les étudiants à une participation qui va au delà des signatures de pétitions et à assister aux événements, mais les membres de SAM semblent audacieux. « Beaucoup de problèmes ne viennent pas du fait que les gens ignorent les faits, plutôt que les nouvelles et les statistiques sont sans vie. Raison pour laquelle sur le campus, nous explorons les thématiques telles que la Solomon Bill, qui ont un impact direct sur le corps estudiantin et lie effectivement le campus à des problématiques encore plus larges. En organisant et en éduquant la communauté de Columbia, de telles activités jettent les bases d’une future mobilisation contre l'implacable, souvent insidieuse expansion du militarisme dans le pays. « Il est plus que temps de relier les domaines social et militaire », continue Robert ; « et plus l’administration devient tyrannique, plus les citoyens deviennent conscients de leurs vrais intérêts ».


La foi en ce que se sont les institutions moribondes, et non pas des individus qui sont à la racine du problème maintient les énergies de SAM vivantes. Un préalable aux membres d'une organisation comme le nôtre est la conviction que les gens sont fondamentalement bons, mais vous devez leur montrer que lorsque vous regardez ce qu’ils font à travers le pays, cela vous rend optimiste.


Certes, il est discutable d’affirmer que l'humanité est fondamentalement bonne, mais lorsqu’on observe la réunion de SAM dans la soirée de jeudi dernier, ses résultats et son puissant enthousiasme, on pourrait être persuadé que les manifestations de nos meilleurs instincts peuvent être proportionnelles à celles de nos pires. Concernant la probable souscription à la loi de la part de Columbia, un commentaire a en particulier touché un aspect important sur Le Solomon Bill. « Ce que nous devons faire, c’est révéler comment Columbia essaie de noyer le poisson en adoptant un double discours.


En effet, la maladie la plus dominante du système scolaire en particulier, et la réalité américaine en générale, est que des modèles complexes de connaissances pratiques et théoriques ont été désencastrés des choix individuels et de la politique gouvernementale. Ce que les membres d'ARA et de SAM essaient de faire c’est infuser ce qu'ils ont appris sur la situation actuelle, coller les formidables posters des personnalités tels que Thoreau Jefferson et Whitman sur la bibliothèque Butler, pour que leurs paroles aient une influence sur la logique tordue de ce dont nous faisons aujourd'hui partie. En ajoutant leur énergie et effort pour augmenter les chances d’un monde décent, ils pourraient nous aider à nous passer d'une expérience spectaculaire, celle de la guerre. Mais en même temps, notre volonté d’éviter cette expérience ne devrait pas être une réaction à postériori, après avoir vécus certaines réalités qu’on aurait pu éviter.



1 Alternatives à la Course aux Armements

2 Étudiants Contre le Militarisme

3 Centre d’actions bénévoles

4 Etudiants contre l'énergie nucléaire

5 Mouvement pour le gel nucléaire

6 Campus unis pour la prévention de la guerre nucléaire

Conférence "désarmement nucléaire, où en sommes nous?"

Le 18 septembre dernier, à l'occasion de la journée mondiale de la paix, la CNAPD organisait en collaboration avec la représentation des Nations Unies à Bruxelles une conférence consacrée à faire le point sur le désarmement nucléaire. En attendant la transcription des interventions d'invités aussi pointus sur la question qu'Eric Remacle et Werner Bauwens, ambassadeur de Belgique, envoyé spécial pour le désarmement et la non-prolifération, quelques photos de l'évènement au Résidence Palace...




jeudi 4 juin 2009

Quelle Europe pour quelle paix?


Quelle Europe pour quelle paix ?
Les réponses des partis avant les élections européennes

La paix, la prévention et la résolution non violente des conflits sont au cœur du projet de construction européenne.

En décembre dernier, la Présidence française de l'UE se concluait par l'adoption d'un "Rapport sur la stratégie européenne de sécurité" ainsi que d'un document aussi discret qu'intéressant intitulé "Déclaration sur le renforcement de la sécurité internationale".

Dans le cadre des élections européennes de juin prochain, nous avons voulu savoir et faire savoir les points de vue de différents partis su l’Union Européenne en matière de paix. Nous leur avons donc posé les 10 questions suivantes :

1. L’Europe doit-elle être une « puissance » ? Quel type de puissance ? La Politique Européenne de Sécurité et de Défense doit-elle constituer une réelle alternative ou un contrepoids au sein de l’OTAN ? Comment ?

2. Quelle est votre perception des menaces auxquelles l’UE doit faire face ? Quelles réponses doit-elle à y apporter ?

3. Quel pouvoir de contrôle concret souhaitez vous voir octroyé au Parlement sur la politique étrangère européenne?

4. Quelles sont vos suggestions concrètes en matière de prévention des conflits, dont l’UE se réclame le porte drapeau ? Comment l’UE peut-elle renforcer l’ONU et le multilatéralisme?

5. L'Union Européenne doit-elle suivre le principe selon lequel notre sécurité se construit en projetant des forces en dehors de nos frontières? Dans quelles circonstances ? A quelles conditions ?
Quelle est votre évaluation des missions menées jusqu’ici par l’UE ?

6. L’UE doit-elle promouvoir le droit/devoir d’ingérence humanitaire et la Responsabilité de protéger si besoin par la force?

7. Quelles mesures envisagez vous pour diminuer la pression autour des enjeux d‘approvisionnement énergétique ? Estimez-vous que l’Union devrait pouvoir employer la force pour assurer cet approvisionnement ?

8. Concernant les armes nucléaires, soutenez-vous l’adoption d’une convention d’interdiction des armes nucléaires (Nuclear Weapons Convention) et le Protocole Hiroshima Nagasaki initié par les Mayors for Peace ? Comment l’UE peut-elle contribuer à relancer le régime de non prolifération et éviter l’échec de la conférence de révision du TNP en 2010 ?

9. Quelles limites voyez vous à l’élargissement et aux partenariats de l’Union Européenne ?

10. Que préconisez vous pour que l’Europe soit moteur d’une réglementation mondiale du commerce des armes ?

Leurs réponses suivent dans les messages ci-dessous.
Vous pouvez soit le lire comme un blog "normal" soit naviguer d'une réponse à une autre en utilisant les "tags" des différents partis.

Bonne lecture et n'hésitez pas à commenter!

Une Europe Puissance? - PS


Pour le Parti Socialiste, l’Europe est déjà une puissance, d’un point de vue économique. Le renforcement de la capacité militaire et de l’intégration de la défense européenne ne doit pas pour autant faire de l’Europe une « puissance » au sens le plus belliqueux du terme. Au contraire, nous privilégions les instruments de prévention des conflits sur tout usage de la force, qui ne doit rester que le dernier recours. Toutes les pistes de solutions multilatérales doivent être systématiquement explorées, avec les Nations Unies comme garant ultime de la sécurité collective.

La PESD ne constitue pas à nos yeux un outil concurrent à l’OTAN mais un moyen de renforcer un pilier européen trop souvent incapable d’y parler d’une seule voix et donc incapable de peser efficacement sur la prise de décision. En ce sens, la PESD constitue un prolongement d’une politique étrangère commune de l’Union. De plus, la rationalisation qu’elle entraînerait en matière de dépenses militaires devrait permettre de réorienter des budgets conséquents.

Une Europe Puissance? - Ecolo


Pour Ecolo, le Gouvernement belge doit avant tout défendre une Europe envisagée comme une puissance civile. Contrairement à la situation qui prévalait dans le passé, les instruments militaires ne constituent plus l’élément central de la sécurité nationale. Le rôle des outils civils et politiques de gestion de crise ne cessent de gagner en importance. Ecolo est favorable à une « politique européenne de sécurité intégrée » qui rassemble tous les instruments de politique étrangère et de sécurité mis à la disposition des États européens. Dans ce sens, Ecolo sera favorable à une politique européenne de défense évoluant vers une mise en commun des économies d’échelle et une rationalisation des ressources. Une « politique européenne de sécurité intégrée » doit également se refléter dans les dispositions institutionnelles de l’Europe. Au vu des défis qui s’annoncent en matière de sécurité et de politique étrangère, un lien efficace doit être établi entre les structures de conseil et les structures décisionnelles de l’Europe. Ce constat s’applique tant aux différents ministères nationaux qu’à la coordination entre la Commission européenne et le Conseil. Moyennant un renforcement des rôles de contrôle du Parlement Européen et des Parlements nationaux, les Verts sont favorables à une harmonisation de la politique de défense et de sécurité qui permettrait d’ enclencher des économies d’échelle, et par conséquent, une réduction des coûts budgétaires des États membres, et corrélativement un désarmement de ces derniers.

Une Europe Puissance? - CDH


L'Europe doit pouvoir jouer pleinement son rôle sur la scène internationale et doit disposer, à cette fin, des moyens nécessaires pour le faire. Le terme « puissance » est chargé est souvent associé à l'imposition unilatérale de sa volonté aux autres acteurs, ce qui n'est pas la vision du monde que doit défendre l'Europe.

Pour nous, il importe que l'Europe puisse se donner les moyens d'être un acteur sur la scène internationale pour pouvoir y défendre son approche basée sur un multilatéralisme efficace dans tous les domaines du système international, que ce soit la sécurité, l'économie, le commerce, le développement, la santé, l'agriculture, etc. Cela nécessite d'investir dans des domaines qui lui permettront de renforcer cette influence, par exemple à travers une hausse des budgets militaires. Mais cela implique également l’amélioration de ses moyens civils comme ceux qui permettent de soutenir l'Etat de droit ou d'améliorer la cohérence de la diplomatie européenne et de celles de ses Etats membres et les moyens qu'elle lui accorde.

La PESD n'est pas un contrepoids à l'OTAN : les Etats membres de l'Union européenne ne vont pas faire contrepoids à une organisation dont ils sont pour la plupart également membres. Au contraire l'OTAN et la PESD sont les deux branches de la sécurité du continent européen. Elles doivent pouvoir collaborer quand la nécessité se fait sentir et agir en pleine autonomie quand leurs Etats membres - qui restent les décideurs ultimes – le décident. Nous demandons cependant une meilleure coordination des Etats membres de l'UE au sein de l'OTAN afin de constituer un véritable pilier européen au sein de l'Alliance.

Une Europe Puissance? - MR


Le Mouvement Réformateur en appelle en effet à l’avènement d’une « Europe-puissance » qui soit capable non seulement de défendre ses intérêts mais aussi, et surtout, de promouvoir les valeurs communes aux Etats membres de l’Union, et qui sont chères aux libéraux : l’Etat de droit, la démocratie, le respect des droits de l’homme, la coexistence pacifique et le dialogue entre les Etats et les Nations.

Au cours des vingt dernières années, ce processus de construction européenne s’est poursuivi, théoriquement fondé à la fois sur l’élargissement et l’approfondissement de l’intégration. Cependant, les élargissements successifs depuis 1996 ne se sont pas accompagnés de l’approfondissement souhaité. Après les progrès (mitigés) enregistrés lors de l’adoption des traités de Maastricht, d’Amsterdam et de Nice, l’évolution institutionnelle de l’Union a connu un coup d’arrêt avec l’échec du processus de ratification du projet de Constitution, puis du traité et Lisbonne. Plus que jamais, l’intégration européenne reste un chantier ouvert, auquel la Belgique entend contribuer activement, comme ce fut le cas lorsqu’elle président le Conseil en 2001 et comme cela certainement encore notre ambition lors de notre présidence en 2010.

Dans ce cadre institutionnel de plus en plus complexe, l’Europe de la défense a enregistré de nombreux progrès mais largement en dehors des traités. Elle relève d’une approche intégrée à travers la PESC/PESD, qui combine les différents éléments de la palette d’actions disponibles : la diplomatie, la défense, la coopération et l’aide humanitaire, le commerce, la défense civile, etc. A l’échelle de l’histoire continentale, ce qui se passe en Europe depuis que le processus d’intégration européenne a pris son envol reste sans commune mesure au regard des conflits intra-européens qui ont émaillé la première moitié du XXème siècle. Elle peut servir de modèle au reste du monde. Nous nous sommes dès lors toujours réjouis des avancées en matière de politique étrangère et de sécurité.

Toutefois, la PESC/PESD ne saurait se concevoir comme une « alternative » à l’OTAN, qui reste la structure privilégiée du partenariat transatlantique, qui consacre le destin commun qui unit l’Europe aux Etats-Unis d’Amérique. La PESC/PESD doit être considérée comme l’affirmation d’une identité européenne propre au sein d’une Alliance. L’UE présente aussi l’incomparable avantage par rapport à l’OTAN de couvrir aussi bien les volets militaires que civils en matière de gestion de crises ou opérations de maintien de la paix ou de reconstruction. Elle n’envisage ses engagements opérationnels qu’au travers de la « comprehensive approach », alliant tant les capacités civiles que militaires.

Des menaces sur l'UE? - PS


Les principales menaces auxquelles l’Europe doit faire face sont des menaces d’ordre social, liées en particulier aux conséquences de la crise financières. Toutefois, en ce qui concerne les menaces à al sécurité de l’Union, elles portent, de notre point de vue, sur deux éléments. L’un est la sécurité des approvisionnements énergétiques au niveau mondial. La recherche de nouvelles ressources et la diversification des sources d’approvisionnement doivent constituer le cœur de toute stratégie européenne de réponse à cette menace pour la stabilité de l’environnement européen. L’autre est la menace, vague et diffuse, de « terrorisme ». Notre conviction est qu’il convient de s’attaquer aux racines du mal plutôt qu’à ses effets : l’Europe doit agir pour renverser les conditions socio-économiques qui permettent aux terroristes de recruter et d’apparaître comme un éléments de réponses aux maux dont souffre leurs pays/sociétés/… De réelles politiques de partenariats équilibrées, qui mettent en avant des exigences en matières de droits de l’Homme et d’avancées démocratiques, doivent donc être mises en places ou renforcées.

A cela, il faut encore ajouter la prévention et la gestion des catastrophes naturelles, dans laquelle – de par la composante civile qui fait la spécificité des groupes d’intervention européens – une future défense européenne pourrait jouer un rôle important.

Des menaces sur l'UE? - Ecolo


Ecolo et les Verts européens se démarquent clairement de la ligne politique adoptée par les dirigeants européens, qui épouse de façon adoucie les analyses et actions du partenaire américain. Le concept de « sécurité humaine » exige la prise en compte des risques et menaces non conventionnelles telles que la pollution, le changement climatique, la distribution inéquitable des ressources, la pauvreté et de manière générale la violation des droits fondamentaux.

Des menaces sur l'UE? - CDH


Pour le cdH, il ne faut pas voir le système international comme une source potentielle de menace à l’encontre de notre sécurité. Il faut éviter de transformer tous les phénomènes de notre monde, comme par exemple l'immigration, en problème sécuritaire. Cependant, il ne faut pas pour autant idéaliser non plus et croire qu'aucune atteinte à notre sécurité n'est possible.

Il est donc nécessaire d’envisager la situation de l'Europe en matière sécuritaire comme un continent devant faire face à un ensemble de risques se devant de participer à leur gestion.

Il n'existe actuellement pas de menace militaire immédiate sur le continent, comme cela a pu être le cas au moment de la guerre froide. Cependant, les évènements ci-dessous ont pu et pourront constituer à l’avenir un péril en matière de sécurité :
1) La prolifération nucléaire et le développement d'armes chimiques et biologiques
2) Le terrorisme qu'il soit "traditionnel" comme au Pays Basque ou en Corse ou de portée internationale comme lors des attentats de Londres et Madrid
3) Les conflits régionaux et leurs conséquences en Europe
4) Le changement climatique et ses conséquences
5) Les atteintes à nos sources d'approvisionnement (énergie, piraterie maritime,... Voir question 7).

Par ailleurs, il importe que l'Union européenne participe également à la gestion des problèmes de sécurité au niveau mondial. Indépendamment de l'aspect juridique et moral de la nécessité de mettre fin aux conflits en cours, laissez se détériorer des situations sous le prétexte que nous n'en subissons aucune conséquence pour l’instant peut avoir des conséquences néfastes pour l'avenir. A titre d’exemple : l'abandon de l'Afghanistan après le retrait soviétique a permis, quelques années plus tard, le développement d'Al Qaeda. De la même façon, l'oubli de la Somalie a conduit au développement de la piraterie au large de ses côtes.

Mais il est évident que s'il doit y avoir des interventions, par exemple dans le cadre de conflits régionaux, elles doivent se réaliser dans le cadre d'un multilatéralisme efficace et dans un continuum allant de la prévention des conflits, au rétablissement de la paix et à la reconstruction d’après conflit.

Des menaces sur l'UE? - MR


Depuis un quart de siècle, l’évolution du contexte géopolitique fut marquée par un double choc. D’une part, la fin de la guerre froide lors de l’effondrement du bloc de l’Est en 1989 a permis l’émergence d’un monde unipolaire dominé par les seuls Etats-Unis, en dépit de la volonté affichée des Européens à assumer la défense de leurs intérêts propres. Ensuite, l’hyper-terrorisme tel qu’il s’est marqué lors des attentats du 11 septembre a non seulement brouillé définitivement la distinction entre sécurité intérieure et extérieure, mais il a aussi déclenché deux guerres successives sur des théâtres d’opération difficiles : l’Afghanistan d’abord, l’Irak ensuite.

Le cadre général dans lequel évoluent nos sociétés est aujourd’hui celui de la mondialisation, de la globalisation. L’avènement de ce « village planétaire », notamment une accélération de la libre circulation des personnes, des marchandises, des capitaux, mais aussi – et surtout – des idées – au premier rang desquelles l’idée de liberté, l’idéal de la démocratie. Par ailleurs cette mondialisation a permis, au sein de nos sociétés occidentales aisées, de véhiculer une meilleure perception des déséquilibres sociaux et économiques, notamment dans la rencontre de certains besoins fondamentaux (eau, santé, éducation) des populations les plus démunies, résultant d’une mise en exergue médiatique des inégalités ou le rappel de conflits oubliés.

Mais cette ouverture au monde ne s’est pas marquée de manière uniforme sur la planète et, en de nombreuses régions du monde (comme dans les Balkans ou en Afrique centrale), on a au contraire assisté à une multiplication d’affirmations identitaires et de replis communautaristes, avec leur cortège de guerres et de désolations. L’accès aux matières premières, et singulièrement à l’énergie sous toutes ses formes, constituera un enjeu majeur des prochaines décennies. Enfin, le retour marqué d’une Russie « puissance » sur l’échiquier européen (« guerres du gaz » et conflit géorgien) n’est pas à considérer comme un simple hoquet nationaliste mais doit faire l’objet de la plus grande attention. Et last but not least, à l’échelle mondiale, l’émergence sur tous les plans de la puissance chinoise est source d’inquiétudes et provoque le déplacement des centres d’intérêts géostratégiques vers la zone Pacifique/Océan indien, avec les impacts planétaires que pourraient avoir la dégradation des rapports entre pôles de puissances régionales.

En brouillant la distinction entre sécurité intérieure et extérieure, l’hyper-terrorisme qui s’est manifesté le 9/11 a conduit à reconsidérer l’architecture et l’organisation de l’ensemble de nos services de sécurité : police, armée, renseignement, gardes-frontières, pompiers et protection civile, etc. Cette approche plus globale a permis de prendre en compte de nouvelles cibles potentielles, comme la protection des « infrastructures critiques », les routes d’approvisionnement énergétiques, des moyens de communication, etc.

Dès lors, notre grille d’analyse est de plus en plus complexe et incertaine: la « confortable » grille d’analyse unique fondée sur une double tension (Est-Ouest et Nord-Sud) n’est plus pertinente car elle ne rend plus compte de l’augmentation des paramètres à considérer, ni de l’interconnexion croissante des menaces et des risques. La traditionnelle distinction entre sécurité intérieure et extérieure, entre sécurité et défense a perdu son sens.

Cela étant, quelques paramètres intangibles continuent (et doivent continuer) de fonder notre politique de sécurité et de défense : la promotion et la défense intransigeante de nos valeurs et idéaux démocratiques, la solidarité entre Etats démocratiques, la prééminence de l’action diplomatique à travers le dialogue, et l’articulation des différents instruments dont nous disposons (diplomatie, coopération au développement, aide humanitaire, sanctions, et le cas échéant, usage de la force armée).

Contrôle du Parlement sur la politique étrangère - PS


Le Parti Socialiste est favorable à tout renforcement du pouvoir du Parlement Européen, ce pilier du triangle institutionnel étant le seul issu directement des urnes pour traiter de questions européennes.

Contrôle du Parlement sur la politique étrangère - Ecolo


L’accès de l’Europe aux instruments de la politique de sécurité, le recours à la méthode intergouvernementale et la communautarisation de domaines spécifiques impliquent des formes très variées de contrôle parlementaire. Ici aussi, il convient de renforcer le lien afin de garantir aux députés européens et aux parlementaires nationaux la possibilité d’exercer leurs responsabilités. Le Parlement européen doit avoir le pouvoir de formuler des lignes directrices contraignantes dans les matières relatives à la politique étrangère. Dans le même ordre d’idée, Ecolo a déposé une proposition de révision de la Constitution belge visant à soumettre la participation belge aux missions PESD à l’assentiment parlementaire.

Contrôle du Parlement sur la politique étrangère - CDH


Le contrôle parlementaire de la politique étrangère est un problème qui se pose dans toutes les démocraties. Il faut à la fois assurer la transparence et le respect du contrôle parlementaire sur l'activité de l'exécutif et à la fois sauvegarder l'efficacité de la prise de décision qui, dans ce domaine, doit parfois être rapide et/ou se réaliser dans une certaine discrétion.

Pour le cdH, de manière générale, l'intervention du Parlement dans l'élaboration et l'exécution de la politique étrangère n’est pas à rejeter. Cependant, elle peut et doit se réaliser dans le cadre de l'activité de contrôle habituelle de l'exécutif exercé par le Parlement. Il importe à cet égard que les commissions compétentes du Parlements soient fortes et n'hésitent pas à se saisir des dossiers. Si une décision spécifique en matière de politique étrangère est contestée par le Parlement, celui-ci doit pouvoir l'exprimer pleinement. Enfin, il est évident que tout traité doit pouvoir être discuté par le Parlement et obtenir son approbation.

Cependant, au niveau européen, la politique étrangère reste largement intergouvernementale. Il importe donc de renforcer la collaboration entre les Commissions compétentes au Parlement européen et dans les Parlements nationaux. C'est dans l’enceinte des parlements nationaux que la responsabilité politique des décisions prises pourra réellement être mise en cause.

Contrôle du Parlement sur la politique étrangère - MR


Ainsi qu’il a déjà été rappelé supra, le MR reste partisan d’une Europe à caractère fédéral, fondée sur la méthode communautaire plutôt que sur l’inter-gouvernementalisme. Dans cette perspective, la PESC/PESD devrait idéalement être soumise au contrôle démocratique du Parlement européen, comme il est d’usage dans tout système décisionnel démocratique. Cela étant, le caractère « hybride » de la PESC/PESD (dont certains pans relèvent du communautaire, d’autres de l’intergouvernemental, d’autres encore de « coopérations renforcées ») nécessite de progresser de manière pragmatique.

Si le PE a vocation à assumer le contrôle parlementaire de la mise en oeuvre de la PESC/PESD, peut-être faudrait-il réfléchir à une architecture qui impliquerait, selon des formules à déterminer, les Parlements nationaux, l’Assemblée de l’Union de l’Europe occidentale, ou encore l’Assemblée parlementaire de l’Atlantique Nord. C’est une piste de réflexion.

Prévention des conflits et multilatéralisme - PS


Comme déjà souligné, le multilatéralisme et le rôle de garant de la sécurité collective que joue l’ONU sont des piliers de notre conception de la sécurité. LE renforcement d’une diplomatie purement européenne, d’une Europe parlant d’une seule voix dans les instances internationales renforcerait le poids politique de l’Union dans ces différentes instances. La fin des présidences tournantes de 6 mois permettrait également de mettre en place des stratégies cohérentes dans le long terme.

Prévention des conflits et multilatéralisme - Ecolo


La gestion civile des crises doit demeurer l’une des pierres angulaires de l’UE. Les instruments militaires peuvent compléter ou soutenir les mécanismes civils, mais ils ne pourront jamais les remplacer. Afin de renforcer les capacités d’intervention civile de l’UE, le concept de « corps civil européen de la paix », élaboré par les Verts européens, doit être mis en œuvre en tant qu’espace flexible de mise en commun des ressources de paix civiles.

La PESD doit tendre au renforcement de la coopération multilatérale et des institutions internationales telles que les Nations Unies. Son autonomie décisionnelle par rapport à l’OTAN doit être clairement affirmée et mise en pratique, à l’encontre de ceux qui espèrent voir la PESD évoluer, à long terme, vers une politique européenne de défense dotée avant tout d’une forte composante militaire.

Prévention des conflits et multilatéralisme - CDH


1. Prévention des conflits

La prévention des conflit recouvre plusieurs acceptions et est parfois associée à une période de post conflit relativement instable et en « reconstruction ». De telles situations exigent différents types d’actions civiles et parfois armées (maintien de la paix...). Cette évolution ne doit cependant pas mener à confondre les tâches liées au développement ou à l’aide humanitaire avec les tâches militaires. Les missions doivent comprendre des volets distincts et leurs acteurs être clairement identifiables sur le terrain. En outre, les moyens civils, au premier rang desquels les instruments de la coopération au développement, sont de plus en plus sollicités en raison de leur rôle pacificateur, en vue de « s’attaquer aux causes profondes des tensions politiques et sociales qui alimentent non seulement les conflits mais aussi le terrorisme » . Si on lie, aujourd’hui plus que par le passé, l’aide au développement et la sécurité internationale, il faut cependant se garder de puiser dans la manne de l’aide au développement, des moyens qui permettent de financer les actions politico-militaires.

Plus précisément, les causes de la violence ou de sa résurgence sont multiples, ainsi les grands déséquilibres macro-économiques et les retournements de conjoncture ont un effet déstabilisateur bien connu nécessitant des institutions économiques renouvelées (v. infra). Mais les conflits, en particulier en Afrique centrale, sont également alimentés par des activités économiques illégales et des trafics illicites, qui en modifient parfois la tournure. Depuis plusieurs années, le cdH demande que soient développés des systèmes de certification pour les ressources naturelles, telles que les diamants, les minerais, les bois précieux.

En matière de prévention des conflits, le cdH propose concrètement et prioritairement de :

- Plaider pour le développement de mécanismes de surveillance des embargos en particulier les embargos sur les armes ;
- Lutter efficacement contre les sources de financement des conflits, en relançant, sur le plan international et européen, les projets relatifs à la traçabilité des ressources naturelles ;
- Œuvrer à la mise sur pied de programme de coopération administrative en vue du renforcement des contrôles douaniers – notamment en Afrique centrale -, afin de s’assurer que des produits pillés dans les conflits ne pénètrent pas les marchés de l’or, du diamant, etc.

Et plus généralement, de :

- Clarifier la politique de prévention des conflits, ses moyens budgétaires, la nature et les critères d’évaluation des projets qui contribuent à apaiser les tensions dans les régions instables ;
- Coordonner les moyens civils et militaires engagés dans les missions de paix, tout en veillant à distinguer clairement les objectifs et les acteurs militaires et humanitaires ou de développement.

2. Le renforcement du multilatéralisme

Pour le cdH, les évolutions du système international commandent de se doter de structures universelles ouvertes aux Etats des cinq continents et édictant des normes précises qui s’imposent à tous. Certes, les Nations Unies disposent déjà de tels pouvoirs en matière de paix et de sécurité, le Conseil de sécurité étant l’organe principal en la matière, mais pas dans les matières économiques ou environnementales, par exemple. Depuis les années 80, on observe que les instances chargées - à l’échelle planétaire - des questions monétaires, financières et économiques ont mené des politiques d’inspiration libérale sans beaucoup d’égard pour celles mises en œuvre par les organisations à vocation culturelle (UNESCO), sanitaire (Organisation mondiale de la santé) ou sociale (Organisation internationale du travail). La multiplicité des institutions spécialisées n’est bien évidemment pas un gage de cohérence, et parfois les différents ministres d’un même Etat qui siègent dans les différentes enceintes y prennent des positions fondamentalement inconciliables. On peut, en outre, se demander si le commerce peut être séparé des réglementations sociales, sanitaires ou environnementales. Une chose, en tous les cas, est certaine : il n’est pas souhaitable que l’OMC s’affranchisse des normes sociales, sanitaires et écologiques qui ont été élaborées au sein d’autres instances internationales.

Il convient aujourd’hui d’achever la réforme des Nations Unies, en proposant des réformes plus ambitieuses, telles que la mise sur pied d’un « Conseil économique, social et environnemental » dont les décisions seraient obligatoires, à l’instar de celles adoptées par le Conseil de sécurité (en matière de paix et de sécurité internationales). Il est par ailleurs essentiel d’accroître les pouvoirs de l’Assemblée générale dont le caractère représentatif et universel est un gage de légitimité, et de renforcer les moyens dont dispose la Cour internationale de Justice. Enfin en matière de paix et de sécurité internationales, le rôle du Conseil de sécurité, organe principal en la matière, doit être réaffirmé dans un souci constant de promotion du multilatéralisme.

Le cdH propose de :

- Participer activement à la réforme des Nations Unies pour en faire le noyau du système de gouvernance mondiale, en assurant une représentation équilibrée de chaque continent au sein du Conseil de sécurité, en tenant compte, pour la désignation de ses nouveaux membres, de la contribution de chaque État à la poursuite des objectifs de l’Organisation ;
- Plaider, dans le cadre de la réforme des Nations Unies, pour la transformation de l’ECOSOC en un véritable « Conseil économique, social et environnemental » dont les décisions seraient obligatoires ;
- Réaffirmer le rôle principal du Conseil de sécurité organe principal en matière de paix et de sécurité internationales, dans un souci constant de promotion du multilatéralisme ;
Plaider pour l’élargissement du pouvoir législatif et de contrôle de l’Assemblée générale – à l’instar de celui du Parlement européen -, et, afin de rendre plus efficace l'Assemblée générale, rationaliser l'ordre du jour de ses travaux, améliorer son processus des délibérations;
- Renforcer les moyens de la Cour internationale de Justice, vu le nombre d’affaires pendantes), et plaider pour la reconnaissance universelle du caractère obligatoire de sa juridiction ;
- Doter les organisations de la société civile des moyens institutionnels pour influer sur les décisions, notamment à travers des processus de consultation plus transparents sur la base des liens déjà établis avec l'ECOSOC.

Prévention des conflits et multilatéralisme - MR

Le meilleur atout de l’Union dans la prévention des conflits reste sa capacité à mobiliser une large palette d’instruments, la diplomatie, la coopération au développement et l’aide humanitaire, les sanctions, et le cas échéant, le déploiement d’une force armée. Chaque cas présentant des particularités propres, il n’est guère possible à ce stade de préciser des « suggestions concrètes ».

Par ailleurs, s’il est exact que les Nations unies doivent se réformer, afin de rendre notamment son administration plus performante, il convient toutefois de rappeler qu’en tant que « forum », l’ONU ne sera jamais que ce que les Etats voudront bien qu’elle soit ! Nous sommes ouverts au débat sur une recomposition du Conseil de sécurité, qui tienne davantage compte de la nouvelle donne géopolitique et consacre, à travers un siège unique, la capacité de l’UE à s’exprimer d’une seule voix. L’UE peut aussi apporter une contribution accrue en contingents et/ou par un encadrement amélioré des missions de « casques bleus ».

Projections de forces extérieures? - PS


Pour le Parti Socialiste, le recours à la force ne doit être envisagé que comme ultime recours. En tout état de cause, il ne peut s’envisager en dehors du droit international et de mandats clairs des Nations Unies. Il nous apparaît clairement qu’une intervention purement militaire n’est pas de nature à résoudre les causes qui peuvent mener à un conflit en dehors du territoire de l’Union et ne peut en définitive s’envisager sans un volet civil et un travail diplomatique de nature à éradiquer ces causes.

Projections de forces extérieures? - Ecolo


Si le recours à la force, en dernier recours sur la scène internationale, peut parfois être justifié et légitime, il s’agit d’opérer à chaque fois dans un cadre multilatéral et dans le respect de la Charte des Nations Unies.
Pour Ecolo, certains critères stricts doivent être respectés en cas d’utilisation de l’outil militaire, comme :
l’interdiction de certains types d’armes telles que les armes de destruction massive (nucléaire ou non), les armes chimiques, les armes biologiques ou les mines antipersonnel ;
la limitation de l’armement au plus bas niveau possible ;
l’institutionnalisation de l’objection de conscience.

Projections de forces extérieures? - CDH


La sécurité de l'Union européenne ne sera pas garantie en transformant celle-ci en forteresse et en se désintéressant des affaires du monde. La projection des forces à l'extérieur est l’une des façons de garantir la sécurité de l'Union. Elle ne doit être ni la priorité car tout ne se réglera pas par l'outil militaire, ni la dernière extrémité car dans ce cas il sera souvent trop tard. La projection de forces militaires et civiles dans le cadre de la PESD doit être envisagé comme un des outils utilisables en vue de garantir notre sécurité et de participer plus largement au maintien de la sécurité internationale.

Toutefois, certains principes doivent être respectés, ainsi :

1) La projection des forces doit se réaliser dans le cadre d'un multilatéralisme efficace et dans un continuum allant de la prévention des conflits, au rétablissement de la paix et à la reconstruction après conflit. Elle doit se conformer aux principes de la Charte des Nations Unies.

2) Mais plus encore la projection des forces ne doit pas se faire face à l'opposition des opinions publiques européennes et doit bénéficier d'un relatif soutien des populations sur place.

3) De même, il importe de bien fixer les objectifs politiques finaux à atteindre avant toute intervention. La simple séparation des parties à un conflit ou le maintien d'une paix fragile est insuffisante.

4) L'intervention doit se faire avec des moyens suffisants tant pour éventuellement lutter contre des forces déstabilisatrices que pour contrôler et immédiatement remettre en place des instituions civiles, des infrastructures, des forces de sécurité, etc. d'où la nécessité d'assurer une bonne coordination entre les moyens civils et militaires tant au stade de la planification que de l'exécution des opérations (l'expérience a démontré que l'essentiel se joue dans les premières semaines si pas dans les premiers jours de l'intervention).

5) Enfin, il ne faut pas intervenir avec la volonté de partir au plus vite. L'expérience a démontré, notamment dans l'Est du Congo, que partir trop tôt risquait de conduire à un retour à une situation instable par après.

De ce point de vue, les premières opérations européennes peuvent s'évaluer par un "peu mieux faire". Mais sur ce point les opérations européennes sont largement dans la moyenne des opérations menées par l'OTAN ou par les Nations Unies. Il faut également noter que l'Union européenne s'est abstenue de lancer des opérations extrêmement complexes. Ainsi dans son opération extrêmement importante en Bosnie, elle n'a fait que succéder à l'OTAN qui avait largement stabilisé la situation sécuritaire.

Projections de forces extérieures? - MR

Face à la complexité et à la diversité de la menace, il ne peut évidemment être exclu que l’UE soit amenée à intervenir en dehors du territoire de ses 27 Etats membres. On ne peut préjuger a priori des circonstances et des modalités pratiques d’une telle intervention.

Après une mise en œuvre parfois difficile dans les Balkans, le déploiement de forces européennes a gagné en efficacité au fil du temps. Nous en voulons par exemple pour preuve les missions EUFOR qui, en partenariat avec la MONUC, ont contribué à sécuriser les élections au Congo. De progrès peuvent cependant encore être réalisés pour améliorer la rapidité du déploiement, l’unicité de commandement, l’interopérabilité des moyens, etc

Devoir d'ingérence? - PS

Toujours dans les limites évoquées au point 5, le recours à la force peut-être légitime. Mais dans la même philosophie qu’évoqué ci-dessus, il ne constitue pas une solution en soi. En tant que socialiste, il nous paraît difficile de justifier une position d’indifférence à la souffrance de populations après l’échec de toutes les voies de résolutions multilatérales et pacifiques.

Devoir d'ingérence? - Ecolo

Voir réponse à la question 5. Aux concepts de droit/devoir d'ingérence et leur déclinaison récente sous la forme de la responsabilité de protéger Ecolo privilégie en amont l'instauration de mécanismes de mise en œuvre cohérente et effective des instruments existants du droit international et du droit européen, notamment en matière de politique extérieure de protection des droits fondamentaux et de politique de non prolifération (voir réponse à la question 10) . Conformément à la résolution adoptée par le Parlement Européen en septembre 2008, les Verts préconisent une mise en œuvre cohérente, transparente et soumise au contrôle parlementaire des clauses relatives aux droits fondamentaux et des sanctions communautaires en matière de respect des droits fondamentaux dans tout accord international de l'UE, tout en considérant que les dégradations volontaires et irréversibles à l’environnement constituent une violation aux droits fondamentaux et un motif pouvant conduire à l’adoption de sanctions communautaires. Les verts plaident par ailleurs pour que la sous-commission des droits de l’homme devienne une commission à part entière au sein du Parlement Européen. Comme indiqué dans la réponse précédente, l'éventuelle utilisation de forces en dehors de l'UE ne doit être envisagé qu'en dernier recours face à des situations particulièrement critiques, notamment face à la probabilité ou au déroulement d'un génocide. Dans cette optique Ecolo regrette amèrement que l'UE n'ait pas réussi à trouver un accord politique pour envoyer une force de réaction rapide dans l'Est de la RDC malgré l'extrême gravité de la situation.

Devoir d'ingérence? - CDH


Pour le cdH, le principe de base en matière de recours à la force armée (que ce soit par l’UE et/ou les EM) est son strict encadrement dans le cadre du mécanisme de sécurité collective prévu par la Charte des Nations Unies (qui comprend un chapitre relatif aux organisations régionales). L’action de l’UE telle qu’elle est prévue par le Traité s’inscrit dans ce cadre multilatéral.

On remarquera tout d’abord que le « concept de responsabilité de protéger » est souvent assimilé au fameux « droit d’ingérence », or les deux notions sont distinctes.

Le « droit d’ingérence humanitaire » n’a jamais été consacré par le droit international. Recourir à la force au nom du droit d’ingérence humanitaire, en dehors du mécanisme de sécurité collective, n’est dès lors pas acceptable.

Concernant le concept de responsabilité de protéger, l’Assemblée générale des Nations Unies du mois de septembre 2005 a débouché sur l’adoption d’une déclaration mentionnant le « concept de responsabilité de protéger ». Le concept vise, dans le cas où un Etat n’assume pas son devoir de protection à l’égard de la population, à reconnaître à la Communauté internationale la responsabilité d’utiliser divers moyens – y compris l’usage de la force – pour aider à protéger les populations du nettoyage ethnique, du génocide ou de crimes contre l’humanité. Il ne s’agit pas à proprement parlé d’un « nouveau droit » car le concept n’élude pas le mécanisme du Conseil de sécurité et son rôle en tant qu’organe principal en matière de paix et de sécurité. L’avancée que consacrerait le « concept de responsabilité de protéger » semblerait donc résider dans sa capacité à transcender les divergences de vues qui pourraient survenir entre les Etats membres (permanents) du Conseil de sécurité concernant les décisions d’intervention armée, et à éviter qu’il fassent usage de leur droit de veto dans les cas de génocide, crime contre l’humanité et nettoyage ethnique.

Pour le cdH, les trois cas couverts par le concept de responsabilité de protéger - génocide, crime contre l’humanité et nettoyage ethnique -, constituent des menaces pour la paix et la sécurité internationales, et il est souhaitable que des considérations politiques ne fassent pas obstacle à l’intervention armée et à la protection des civils.

Devoir d'ingérence? - MR

Il est à porter au crédit de l’Europe de privilégier ses valeurs humanistes, parmi lesquelles les droits les plus fondamentaux comme l’alimentation ou les soins médicaux.

Dès lors, le droit d’ingérence humanitaire doit être reconnu lorsque des populations civiles sont gravement menacées par des conflits ou des catastrophes naturelles. Il est de notre devoir de solidarité de mobiliser nos moyens pour porter assistance. Si la distribution de l’aide humanitaire d’urgence doit rester un processus fondamentalement « civil », il ne peut a priori être exclu qu’un déploiement de troupes soit nécessaire pour en assurer la sécurité. Une telle opération ne peut cependant se concevoir que dans le cadre d’une démarche multilatérale de l’ensemble de la communauté internationale, et sous le couvert d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

Approvisionnement Energétique - PS


Le premier pas vers la sécurité énergétique de l’Union passe par une diminution de la consommation énergétique sur son territoire. Les politiques nécessaires à atteindre une économie décarbonisée d’ici 2050 doivent être mises en œuvre au plus vite.

Dans la période de transition qui doit nous mener à cet objectif, le recours à la force ne constitue pas pour nous une option dans ce cadre, au contraire d’une diplomatie efficace et juste vers une multiplicité d’acteurs susceptibles de varier les sources d’approvisionnement.

Approvisionnement Energétique - Ecolo


La politique énergétique relève aussi de la politique de sécurité. Pour limiter les tensions croissantes autour des ressources naturelles qui se raréfient, nous avons besoin d’une politique énergétique qui assure la sécurité et la diversité d’approvisionnement de l’Europe grâce à une utilisation plus intensive des sources d’énergies renouvelables, à des technologies plus efficaces et à des systèmes d’approvisionnement décentralisés. La gestion des stocks de pétrole, de gaz ou de biomasse est aussi importante. Au-delà de cette sécurité, l’UE doit prendre en compte également les intérêts des pays les plus faibles et les impacts sur l’environnement de ses choix énergétiques. L'usage de la force pour assurer l'approvisionnement énergétique ne devrait en aucun cas constituer une option.

Approvisionnement Energétique - CDH


Du fait de la dépendance des importations et des variations de la demande, des mesures sont nécessaires pour assurer un approvisionnement européen constant en énergie. L'Union européenne doit développer des mécanismes de réserve et de solidarité efficaces pour éviter les crises d'approvisionnement énergétique comme certains pays de l’Union européenne en ont connu récemment lors du conflit gazier opposant l’Ukraine et la Russie.
Il convient également de poursuivre le processus d’intégration des marchés de l’énergie, d’abord sur une base « régionale » (comme par exemple la « région » France, Benelux, Allemagne) et ensuite sur une base européenne. Cela implique le développement des interconnexions aussi bien électriques que gazières et l’établissement d’un dialogue entre les différentes autorités politiques et de régulation. Il importe donc pour nous de diversifier les sources d'approvisionnement énergétiques de l'Union tant au niveau des pays producteurs que des routes empruntées par les moyens de transport d'énergie, ce qui pourrait notamment se réaliser par le développement de partenariats entre l’Union européenne et les pays tiers en matière énergétique et la création d'un espace énergétique commun euro-méditerranéen ; d’intensifier davantage la solidarité entre les Etats membres en cas de perturbations de l’approvisionnement grâce à la constitution de réserves de gaz en plus des réserves de pétrole déjà obligatoires ; de créer un Observatoire européen de l’approvisionnement énergétique en charge de surveiller l’évolution du marché afin de renforcer la transparence de l’offre et de la demande.

Approvisionnement Energétique - MR


Economie ouverte sur le monde, l’UE doit sa prospérité aux innombrables réseaux d’échanges commerciaux, de produits agricoles, industriels, ou de services. Ses besoins énergétiques sont dès lors importants et la sécurité de son approvisionnement relève, de toute évidence, de son intérêt stratégique.

Au-delà de la nécessaire contribution aux efforts mondiaux visant à réduire les émissions polluantes, l’UE doit poursuivre ses efforts pour diversifier ses sources d’approvisionnement, tant quant à la nature de celles-ci qu’au regard de leur origine géographique. Un simple coup d’œil à la carte de nos approvisionnements permet de constater que nombre de ces réseaux traversent des zones troublées, comme le Caucase, l’Asie centrale ou le Golfe arabo-persique. L’émoi suscité par le récent conflit entre la Géorgie et la Russie montre bien à quel point cette question est sensible.

Il est donc de l’intérêt bien compris de l’Union d’œuvrer activement à la prévention ou à la résolution des conflits dans ces zones. Elle dispose à cet effet d’une large gamme d’instruments, au premier rang desquels une diplomatie active menée par le Haut-Représentant. Celui-ci devra pouvoir compter sur le soutien sans faille de tous les Etats membres et donc permettre à l’Europe de peser de tout son poids. L’option militaire ne peut être exclue mais avant d’envisager « d’employer la force », pour reprendre les termes de votre questionnaire, soulignons que le seul déploiement ou l’interposition peut, s’il est judicieusement articulé avec l’action diplomatique, contribuer à la pacification d’une zone. Cela étant, un tel déploiement devrait idéalement se faire dans le cadre d’une décision des Nations unies, dès lors qu’il est peu probable que seule l’UE soit concernée : des troubles dans de telles zones concernent en général de nombreuses autres nations. La question de l’usage de la force relève dès lors des modalités prévues dans la résolution ad hoc de l’ONU, comme le choix du chapitre VI ou du chapitre VII.