
1. Prévention des conflits
La prévention des conflit recouvre plusieurs acceptions et est parfois associée à une période de post conflit relativement instable et en « reconstruction ». De telles situations exigent différents types d’actions civiles et parfois armées (maintien de la paix...). Cette évolution ne doit cependant pas mener à confondre les tâches liées au développement ou à l’aide humanitaire avec les tâches militaires. Les missions doivent comprendre des volets distincts et leurs acteurs être clairement identifiables sur le terrain. En outre, les moyens civils, au premier rang desquels les instruments de la coopération au développement, sont de plus en plus sollicités en raison de leur rôle pacificateur, en vue de « s’attaquer aux causes profondes des tensions politiques et sociales qui alimentent non seulement les conflits mais aussi le terrorisme » . Si on lie, aujourd’hui plus que par le passé, l’aide au développement et la sécurité internationale, il faut cependant se garder de puiser dans la manne de l’aide au développement, des moyens qui permettent de financer les actions politico-militaires.
Plus précisément, les causes de la violence ou de sa résurgence sont multiples, ainsi les grands déséquilibres macro-économiques et les retournements de conjoncture ont un effet déstabilisateur bien connu nécessitant des institutions économiques renouvelées (v. infra). Mais les conflits, en particulier en Afrique centrale, sont également alimentés par des activités économiques illégales et des trafics illicites, qui en modifient parfois la tournure. Depuis plusieurs années, le cdH demande que soient développés des systèmes de certification pour les ressources naturelles, telles que les diamants, les minerais, les bois précieux.
En matière de prévention des conflits, le cdH propose concrètement et prioritairement de :
- Plaider pour le développement de mécanismes de surveillance des embargos en particulier les embargos sur les armes ;
- Lutter efficacement contre les sources de financement des conflits, en relançant, sur le plan international et européen, les projets relatifs à la traçabilité des ressources naturelles ;
- Œuvrer à la mise sur pied de programme de coopération administrative en vue du renforcement des contrôles douaniers – notamment en Afrique centrale -, afin de s’assurer que des produits pillés dans les conflits ne pénètrent pas les marchés de l’or, du diamant, etc.
Et plus généralement, de :
- Clarifier la politique de prévention des conflits, ses moyens budgétaires, la nature et les critères d’évaluation des projets qui contribuent à apaiser les tensions dans les régions instables ;
- Coordonner les moyens civils et militaires engagés dans les missions de paix, tout en veillant à distinguer clairement les objectifs et les acteurs militaires et humanitaires ou de développement.
2. Le renforcement du multilatéralisme
Pour le cdH, les évolutions du système international commandent de se doter de structures universelles ouvertes aux Etats des cinq continents et édictant des normes précises qui s’imposent à tous. Certes, les Nations Unies disposent déjà de tels pouvoirs en matière de paix et de sécurité, le Conseil de sécurité étant l’organe principal en la matière, mais pas dans les matières économiques ou environnementales, par exemple. Depuis les années 80, on observe que les instances chargées - à l’échelle planétaire - des questions monétaires, financières et économiques ont mené des politiques d’inspiration libérale sans beaucoup d’égard pour celles mises en œuvre par les organisations à vocation culturelle (UNESCO), sanitaire (Organisation mondiale de la santé) ou sociale (Organisation internationale du travail). La multiplicité des institutions spécialisées n’est bien évidemment pas un gage de cohérence, et parfois les différents ministres d’un même Etat qui siègent dans les différentes enceintes y prennent des positions fondamentalement inconciliables. On peut, en outre, se demander si le commerce peut être séparé des réglementations sociales, sanitaires ou environnementales. Une chose, en tous les cas, est certaine : il n’est pas souhaitable que l’OMC s’affranchisse des normes sociales, sanitaires et écologiques qui ont été élaborées au sein d’autres instances internationales.
Il convient aujourd’hui d’achever la réforme des Nations Unies, en proposant des réformes plus ambitieuses, telles que la mise sur pied d’un « Conseil économique, social et environnemental » dont les décisions seraient obligatoires, à l’instar de celles adoptées par le Conseil de sécurité (en matière de paix et de sécurité internationales). Il est par ailleurs essentiel d’accroître les pouvoirs de l’Assemblée générale dont le caractère représentatif et universel est un gage de légitimité, et de renforcer les moyens dont dispose la Cour internationale de Justice. Enfin en matière de paix et de sécurité internationales, le rôle du Conseil de sécurité, organe principal en la matière, doit être réaffirmé dans un souci constant de promotion du multilatéralisme.
Le cdH propose de :
- Participer activement à la réforme des Nations Unies pour en faire le noyau du système de gouvernance mondiale, en assurant une représentation équilibrée de chaque continent au sein du Conseil de sécurité, en tenant compte, pour la désignation de ses nouveaux membres, de la contribution de chaque État à la poursuite des objectifs de l’Organisation ;
- Plaider, dans le cadre de la réforme des Nations Unies, pour la transformation de l’ECOSOC en un véritable « Conseil économique, social et environnemental » dont les décisions seraient obligatoires ;
- Réaffirmer le rôle principal du Conseil de sécurité organe principal en matière de paix et de sécurité internationales, dans un souci constant de promotion du multilatéralisme ;
Plaider pour l’élargissement du pouvoir législatif et de contrôle de l’Assemblée générale – à l’instar de celui du Parlement européen -, et, afin de rendre plus efficace l'Assemblée générale, rationaliser l'ordre du jour de ses travaux, améliorer son processus des délibérations;
- Renforcer les moyens de la Cour internationale de Justice, vu le nombre d’affaires pendantes), et plaider pour la reconnaissance universelle du caractère obligatoire de sa juridiction ;
- Doter les organisations de la société civile des moyens institutionnels pour influer sur les décisions, notamment à travers des processus de consultation plus transparents sur la base des liens déjà établis avec l'ECOSOC.