
La sécurité de l'Union européenne ne sera pas garantie en transformant celle-ci en forteresse et en se désintéressant des affaires du monde. La projection des forces à l'extérieur est l’une des façons de garantir la sécurité de l'Union. Elle ne doit être ni la priorité car tout ne se réglera pas par l'outil militaire, ni la dernière extrémité car dans ce cas il sera souvent trop tard. La projection de forces militaires et civiles dans le cadre de la PESD doit être envisagé comme un des outils utilisables en vue de garantir notre sécurité et de participer plus largement au maintien de la sécurité internationale.
Toutefois, certains principes doivent être respectés, ainsi :
1) La projection des forces doit se réaliser dans le cadre d'un multilatéralisme efficace et dans un continuum allant de la prévention des conflits, au rétablissement de la paix et à la reconstruction après conflit. Elle doit se conformer aux principes de la Charte des Nations Unies.
2) Mais plus encore la projection des forces ne doit pas se faire face à l'opposition des opinions publiques européennes et doit bénéficier d'un relatif soutien des populations sur place.
3) De même, il importe de bien fixer les objectifs politiques finaux à atteindre avant toute intervention. La simple séparation des parties à un conflit ou le maintien d'une paix fragile est insuffisante.
4) L'intervention doit se faire avec des moyens suffisants tant pour éventuellement lutter contre des forces déstabilisatrices que pour contrôler et immédiatement remettre en place des instituions civiles, des infrastructures, des forces de sécurité, etc. d'où la nécessité d'assurer une bonne coordination entre les moyens civils et militaires tant au stade de la planification que de l'exécution des opérations (l'expérience a démontré que l'essentiel se joue dans les premières semaines si pas dans les premiers jours de l'intervention).
5) Enfin, il ne faut pas intervenir avec la volonté de partir au plus vite. L'expérience a démontré, notamment dans l'Est du Congo, que partir trop tôt risquait de conduire à un retour à une situation instable par après.
De ce point de vue, les premières opérations européennes peuvent s'évaluer par un "peu mieux faire". Mais sur ce point les opérations européennes sont largement dans la moyenne des opérations menées par l'OTAN ou par les Nations Unies. Il faut également noter que l'Union européenne s'est abstenue de lancer des opérations extrêmement complexes. Ainsi dans son opération extrêmement importante en Bosnie, elle n'a fait que succéder à l'OTAN qui avait largement stabilisé la situation sécuritaire.

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